L'heritage de Beemster

Le célèbre polder de Beemster


Le célèbre polder de Beemster
Un paysage dont les lignes harmonieuses s’étendent au loin, de vastes étendues et un horizon bien dégagé, voici le panorama typique qui caractérise les polders des Pays-Bas. Cette qualité esthétique provient d’un équilibre en constante évolution entre la gestion de l’eau et l’exploitation agricole. Le paysage du polder évolue depuis le neuvième siècle. La partie occidentale des Pays-Bas était alors inaccessible, envahie par la mer et couverte de marais. Les colons ont creusé des fossés et des canaux pour drainer l’eau de la partie supérieure de la tourbe et ont commencé à cultiver les terrains ainsi asséchés.

Dès le XIe siècle, on a asséché systématiquement la terre et on l’a attribuée par parcelles de taille normalisée, créant ainsi cette division uniforme des plaines de Hollande.

Expérimentations
Au XVIe siècle, il est devenu techniquement possible de drainer de plus grandes étendues de terrains à la fois. Les progrès technologiques et architectoniques ont permis d’améliorer la poldérisation et le développement des premiers polders de tourbe. Le paysage vierge qui en résultait offrait toute liberté d’expérimenter dans l’aménagement urbain et l’architecture paysagère.

Le Beemster (1608-1612) est le premier polder construit à grande échelle et le plus célèbre. À cet endroit, la division des terres en parcelles uniformes s’est imposée comme étant le paysage architectural idéal. On retrouve les mêmes principes dans l’aménagement de tous les polders qui ont suivi, même s’ils ont été appliqués avec plus de souplesse. L’objectif visé pour chaque nouveau polder était la configuration optimale du système de drainage, de la subdivision des terrains, du réseau routier et des centres de peuplement. Le tracé irrégulier des terres ne coïncidait pas toujours avec les plans d’un paysage agricole et urbain idéal.

La conquête des terres
Le polder de Beemster, la plus célèbre terre conquise sur l’eau aux Pays-Bas, a joué un rôle crucial dans l’évolution de l’architecture, de l’architecture paysagère et du génie civil et agricole aux Pays-Bas. Sa création a permis de rallier bien des avancées dans le domaine qui, en un court laps de temps, ont permis de passer de la conquête du sol à l’aménagement du territoire.

Le plan
Dans le polder de Beemster, Dirck Van Oss (un des initiateurs privés du projet) et Lucas Jansz. Sinck. (géomètre) ont superposé un quadrillage sur le paysage. Au XVIIe siècle, des entrepreneurs, des géomètres et des jardiniers ont planifié l’aménagement de villes, de jardins et de paysages selon « l’idéal de la ligne droite », le carré étant le symbole de la solidité et de la cohésion.

Le carré
Ces principes d’organisation rationnelle étaient fondés en grande partie sur une vision néerlandaise de la cité idéale mise de l’avant par Simon Stevin (1548 — 1620). Le tracé géométrique du plan était souligné par les plantations d’arbres le long des principaux accès routiers. De longues rangées d’aulnes et de saules délimitaient le paysage en parcelles rectangulaires donnant au plan une dimension verticale. On retrouve systématiquement le carré dans tous les éléments du polder créés par la main de l’homme, même dans les propriétés de campagne et les maisons de ferme. Le paysage de Beemster est purement architectonique. On retrouve ce même agencement dans tous les polders qui ont suivi, même si les principes ont été appliqués avec plus de souplesse. Le polder de Beemster a été ajouté à la liste mondiale des monuments UNESCO.